ZANDBEEK

Loft Zandbeek

Le projet consiste en la création d’un loft dans un ancien atelier industriel en annexe à un corps de logis, et anciennement doté d’un moulin à eau. Le cours d’eau et l’installation de moulin ont aujourd’hui disparu,  et le pignon jouxtant l’ancien cours d’eau présentait des problèmes d’affaissement importants.
Le volume de cet ancien moulin était un volume simple et puissant, rectangulaire, d’une longueur de 38 m, pour une largeur de 8 m, doté d’une toiture à deux versants comportant une différence de niveau à mi-longueur.

La demande était de créer un logement de type loft à l’étage, le rez-de-chaussée du bâtiment s’ouvrant sur la cour carrossable commune avec le logis principal et servant d’espace de travail aux propriétaires.
Nous avons opté pour une entrée par le pignon Nord de manière à permettre une tension du programme sur la longueur du bâtiment, depuis l’entrée étroite jusqu’au séjour s’ouvrant largement et se prolongeant par une terrasse au pignon sud devant être totalement reconstruit.
Le projet s’attache à respecter l’enveloppe initiale pour son intérêt et son caractère et à tirer parti de ses particularités.

Le pignon nord totalement aveugle à l’origine est ouvert parcimonieusement pour l’entrée et l’éclairement naturel des pièces. La porte d’entrée et les baies de la façade sont composées de manière à retrouver la spontanéité et la liberté de « non-composition » fonctionnelle du bâtiment d’origine. L’entrée est manifestée par une perron et un auvent.

On ne trouve aucun alignement entre les baies. Trois d’entre elles sont constituées d’un châssis placé en retrait de la façade, les ébrasements étant revêtus de cadres en acier inoxydable permettant d’habiller la maçonnerie disquée. Les trois autres sont constituées de vitrages placés en relief dans un cadre en inox. Ce dispositif manifeste à la fois l’épaisseur de la maçonnerie de brique par le travail des baies en profondeur, et manifeste également les qualités de surface de cette paroi par le caractère aléatoire, flottant et presque éphémère des cadres en reliefs, comme simplement accrochés au mur.

L’ancienne toiture et l’ancienne charpente devaient être intégralement remplacées. Nous avons opté pour une réduction de la structure à son strict minimum de manière à amplifier au maximum l’espace intérieur : les deux pans de toiture sont composés de panneaux sandwiches en acier et isolant auto-portants, s’appuyant l’un sur l’autre au faîte par l’intermédiaire d’un profil en acier, et reposant au sommet des murs de façade sur une poutre en béton reprise horizontalement par des tirants.

L’espace est ainsi totalement libéré. Il est également totalement éclairé par des bande de panneaux translucides interrompant les panneaux en acier. La différence de niveau extérieure dans la toiture, est multipliée à l’intérieur au moyen de plafonds surbaissés en plaques de plâtre présentant 6 géométries différentes.  Ces 6 différences de géométrie créent 5 prismes de lumière opalins qui scandent l’espace.
L’espace reste libre également par l’insertion au sein du volume des éléments fonctionnels sous forme d’éléments fluides qui articulent et organisent l’espace plutôt que de le cloisonner ou le découper, sans jamais toucher l’enveloppe extérieure, les murs ou la toiture.

L’élément fonctionnel majeur est une ellipse contenant la cuisine, le vestiaire et la salle-de-bain, articulant l’entrée depuis l’extérieur, l’accès à la chambre, et l’accès à la mezzanine qu’elle supporte. Afin d’accentuer son aspect fluide, léger et diaphane, l’ellipse est revêtue de polycarbonate alvéolaire translucide, prenant un aspect à la fois textile et miroitant.

Par contraste avec cet aspect textile et avec l’aspect de carton plié des plaques de plâtre de toiture, les matériaux de gros-œuvre sont choisis bruts : béton lissé noir au sol, acier brut verni et briques sablées.

2003-2006 Privé – M et Mme de Brocqueville Logements